Survol historique

L'héritage d'une institution

La collection documentaire de la Bibliothèque des arts constitue le prolongement et l'enrichissement du précieux legs documentaire d'une institution qui a profondément marqué la pratique artistique francophone au Québec :  l'École des beaux-arts de Montréal, créée en 1923, suite à la recommandation de l'honorable Louis Athanase David, Secrétaire de la Province de Québec.

Le contenu et le développement de la collection originale, retracés dans divers rapports et listes de l’époque, reflètent d'ailleurs les diverses orientations idéologiques incarnées dans les structures administratives et les programmes de cours de l'École.

Une collection sous «influence» européenne

S'inspirant de l'École des beaux-arts de Paris et de celle de Nantes, l'École des beaux-arts de Montréal possédait, à ses débuts, un statut d'école d'arts appliqués où l'on prônait un «art utilitaire» et une pratique artistique qui devait s'intégrer dans des projets d'architecture et répondre aux besoins de l'industrie.

Ses modèles artistiques provenaient surtout du courant académique européen du XIXe siècle et de la tendance «arts décoratifs». Ce «style» européen, avec une prédilection pour l'art français, laissera sa marque au sein de la collection documentaire de la bibliothèque qui devait supporter une formation basée alors principalement sur des cours de dessin, d'architecture, de décoration, de modelage et d'histoire de l'art.

La «querelle des anciens et des modernes»

Les années 30 voient l'École glisser vers l'idée d'un art national et régionaliste qui s'appuie sur la tradition; cette idéologie de conservation sera cependant combattue par les tenants de l'«Art vivant» et leurs principaux chefs de file Paul-Émile Borduas et Alfred Pellan. Ce débat entre «les anciens et les modernes», ainsi que la querelle du «modernisme» (la figuration versus la non-figuration), caractéristiques des années 40, amèneront l'École à axer davantage son enseignement vers les pratiques artistiques «pures» telles que le dessin, la peinture, la sculpture et les arts graphiques, ainsi qu'à adopter progressivement une nouvelle conception de l'art qui propose un nouveau mode de perception de l'objet d'art et valorise le processus créateur.

Du côté de la formation des professeurs d'art, c'est à partir des années 50 que l'École apportera des changements majeurs au programme et officialisera ses cours de pédagogie tels que mis sur pied par Irène Sénécal. Entre-temps, le développement de la collection documentaire s'est ajusté et orienté vers l'acquisition d'ouvrages sur l'art canadien et québécois ainsi que sur l'art moderne et contemporain.

À la recherche de l'Alma mater

À l'aube des années 60, l'École est en quête d'une reconnaissance universitaire. Parallèlement, le discours des pédagogues amène à une rationalisation du contenu de l'enseignement des arts plastiques tant du point de vue des techniques que du langage plastique. L'heure est à la réforme du système d'éducation qui décidera de la destinée de l'École des beaux-arts de Montréal.  La publication du Rapport Parent (1963-66) qui propose la fondation d'une nouvelle université et le Rapport Rioux (1969) sur l'enseignement des arts, conduiront finalement, en 1969, à l'intégration de l'École à la Famille des arts de l'Université du Québec à Montréal.

Lors de son annexion à l'UQAM, la bibliothèque de l'École comptait environ 19 000 monographies et 320 titres de périodiques dans le domaine des beaux-arts. Au fil des années, cette collection se transformera en tenant compte du mandat de la Bibliothèque des arts au sein du Service des bibliothèques, et de l'évolution des principaux créneaux de spécialisation de l'enseignement artistique à l'UQAM pour offrir à sa clientèle des ressources documentaires appropriées.

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